Arbres géants, grottes et auto-stoppeurs. Vive le sud-ouest!

15/03/2012 - Pays : Australie - Imprimer ce message

 

Après une escale “réparation” et réaménagement du van à Albany, notre aventure reprend son cours doucement. Les sensations de road trip reviennent: Chaque journée est une nouvelle improvisation, à droite, à gauche, le choix est libre, et comme d'habitude, nous ne savons pas où nous mangerons ni passerons la nuit! Cette liberté possède une saveur intense... Comment se souvenir de ces journées parisiennes et de toutes ces obligations, de toutes ces angoisses? Dur dur, et en même temps, tant mieux nous direz-vous!


C'est donc sous un ciel bleu et l'esprit déjà plein de souvenirs et de belles rencontres que nous conduisons de nouveau en direction de Perth, en passant par la pointe sud-ouest du pays.

 

   P1090293.JPG      P1090300.JPG      P1090305.JPG


Direction Pemberton: depuis deux jours nous roulons dans cette partie du sud-ouest qui fait encore une fois plaisir aux yeux. La route, peut-être la plus belle de toutes celles que nous avons empruntées, se borde de “Karris”, des eucalyptus géants réputés pour être la troisième famille d'arbres la plus grande du monde.

 

Les forêts sont splendides, pour ne pas dire féeriques, bordées d'arbres immenses d'une flore et d'une faune toujours plus étonnante et agréable à observer.

Nous roulons donc en nous laissant imprégner par toute cette calme et riche végétation.

En cours de route, à quasi mi-chemin entre Albany et Pemberton, nous faisons de petits détours pour observer de plus près ces immenses Karris.

 

      P1090322.JPG      P1090324.JPG      P1090335.JPG

 

Arrivés à destination nous nous arrêtons dans un parc national près de Pemberton, qui abrite l'un des Karri les plus grands du pays. Les estimations varient entre 70 et 80 mètres, mais peu importe, car l'arbre est un véritable monument, tant il en impose, même au milieu de ses congénères. Le comble de l'histoire se trouve dans le fait que cet arbre peut être “librement” escaladé par le touriste lambda. Des tiges d'acier sont en effet plantées à intervalles (presque) réguliers, et permettent d'accéder tout en haut de cette tour naturelle.


Une première “escale” se trouve à un tiers du parcours vers le sommet, pour les “courageux, mais pas trop non plus”. Et des raisons d'avoir les jambes tremblotantes, il y en a! En effet, à part ces tiges d'acier, il n'y a pour ainsi dire presque aucune protection, si ce n'est un filet très fin et quasi inutile, à l'extrémité des tiges. Le genre de truc qu'on ne trouvera pas en France, à moins de deux guides et de 4 mousquetons. Pour simple assurance, un panneau “grimpez à vos risques et périls!” a été planté au pied de l'arbre.


Marika, qui a une affinité certaine avec l'air, et qui n'a pas froid aux yeux de façon générale, décide d'y aller comme on va à Franprix un samedi après-midi de printemps. Plus ou moins hésitant, je décide d'y aller aussi, et puis au pire, “je m'arrêterai au premier palier !”.


Nous voilà donc à ce premier étage, qui offre déjà un petit aperçu de la hauteur finale. Marika, toujours sans hésitations, s'engage sur le reste de la montée, très peu dérangée par le panneau indiquant que la première partie était “The easy part”, et que certains passages vers le haut se faisaient maintenant presque à la verticale. Après tout, à quoi bon faire 17 000 kms, atterrir devant ce grand sage, pour ne pas terminer de l'escalader et affronter mes peurs, me dis-je alors (j'ai le vertige depuis le saut à l'élastique en tandem!).


Mais bien sûr, c'est la consécration de toute cette traversée en forêt. Nous pouvons monter à la cime d'un de ces arbres-ancêtres!! A plus de 60 mètres au dessus du sol, on se rappelle facilement pourquoi cet arbre servait autrefois de poste d'observation afin de prévenir des feux de forêts.

Même si l'ascension peut paraître effrayante ou peu sécurisée, se retrouver en haut à observer la canopée sud-australienne, caressés par une petite brise parfumée à l'eucalyptus, c'est unique. Pour vivre ça, oublier ses peurs devient facile, même pour un Mehdi traumatisé par le saut à l'élastique!).


Les tiges nous séparant du sommet se font de moins en moins nombreuses, mais de plus en plus difficiles à escalader. C'est cependant en très peu de temps que nous atteignons la cime de l'arbre, profitant pendant de longues minutes de la vue offerte aux plus méritants. La loge installée au sommet est pleine de messages, gravés dans le bois ou inscrits à l'encre. Le premier étant le plus agréable: “You did it, so you can do everything or anything!” ou encore “Next time, we'll be there with our kids!”

En bon vainqueurs, nous gravons sur une planche en bois “Pou & Mou” et la date, au cas où nous repasserions, et pour rappeler à tous les autres que nous faisons partie des plus acharnés! (d'ailleurs si vous passez par là un jour...)


Mais voilà, grimper est une chose, redescendre en est une autre. Tandis qu'un groupe de touristes nous regarde, plein d'admiration, nous voilà presque au sol, prenant un air d'escaladeur professionnel de Karri géant pour épater la galerie, alors même que nos jambes tremblent à chaque tige franchie.


C'est les jambes lourdes que nous arrivons au sol, pas mécontents de reposer nos cuisses pleines de vilaines crampes douloureuses. Quelques uns des touristes se décident à tenter l'expérience. Le premier, plein d'entrain, s'arrêtera malheureusement au premier étage, tandis que la deuxième, qui aura laissé son chéri au pied de l'arbre, n'aura pas voulu aller plus loin qu'une dizaine de tiges. Mieux vaut s'arrêter à temps!

 

P1090346.JPG    P1090363.JPG    P1090368.JPG    P1090370.JPG    P1090379.JPG    P1090378.JPG    P1090403.JPG


Nous reprenons la route, passons la nuit dans une baie agréable, pour atteindre “Augusta” le lendemain matin. La ville est près du Cape Leeuwin, le point de rencontre des océans pacifique et indien. La démarcation Sud – Ouest est désormais faite! Nous nous demandons alors ce que l'Océan Indien aura à nous réserver, durant les jours à venir!

 

     P1090409.JPG        P1090411.JPG


Le lendemain, autre genre de découverte. Après avoir été quelques dizaines de mètres au dessus du sol, nous décidons ce coup ci de passer une dizaine de mètres en dessous. Nous partons à l'assaut d'une de ces grottes qui font la renommée de la région.

Nous prenons alors la direction du nord, par la “Caves road”. Une route longeant tout le début de la côte ouest et qui porte bien son nom puisqu'elle abrite trois grottes célèbres et apparemment sublimes. Nous nous dirigeons vers Jewel Cave qui d'après notre guide est la plus spectaculaire. Ne vous méprenez pas, il s'agit d'une visite guidée et un peu trop sécurisée à mon goût! Malgré tout, la grotte est vraiment belle, pleine de stalactites et stalagmites qui semblent défier les lois de la physique.

On nous explique la structure de la grotte et comment se sont formées toutes ces sculptures de calcaire dont nous sommes entouré. L'air est frais, humide et l'on sent que sans toutes ces lumières artificielles, l'obscurité vous plongerait instantanément dans le néant.

 

Ça ne rate pas, à la fin de la visite, la guide nous demande d'éteindre toute source de lumière et éteint ses propres lampes. Quelle sensation!

Même toucher son propre visage devient étrange. Cela m'a fait réaliser que nous ne nous trouvons jamais vraiment dans l'obscurité totale même en faisant des efforts. Dire qu'il y avait une faune ici...

En tous cas cette visite du monde souterrain aura été très intéressante, et même 100 mètres en dessous de la surface, notre planète recèle bien de belles choses.

 

P1090444.JPG     P1090466.JPG     P1090473.JPG     P1090475.JPG     P1090510.JPG


Après cette escale, nous voyons au loin deux auto-stoppeurs. Nous nous arrêtons car il nous tardait d'en prendre enfin ! (même en France). Ils ne vont pas loin, les deux viennent des USA et font du WOOFING (sorte de bénévolat dans les fermes bio pour faire court) dans une des fermes avoisinantes. Le trajet fut de courte durée, mais ils étaient ravis d'avoir pu gagner une dizaine de kms à pieds, et nous aussi !

Maintenant nous pouvons cocher la case “prendre un autostoppeur” dans notre liste de trucsàfairedanssavie. Et on ne croit pas si bien dire!

Nous passons la nuit dans un Caravan Park pas très cher, plutôt confortable et qui possède surtout un terrain de tennis! Quel bonheur de taper la balle, même si nous sommes probablement les plus mauvais joueurs de l'histoire de ce sport...


Le lendemain nous nous dirigeons toujours vers le nord, avec pour objectif de nous rapprocher de Perth, quand soudain... un autre auto-stoppeur!

Le gaillard a l'air seul, il se trimballe un énorme sac à dos, et agite d'un air nonchalant sa pancarte en carton indiquant “PERTH =)”. Ça tombe bien !


Après quelques échanges en anglais, nous nous apercevons que le bonhomme est français! Cela n'a rien d’impressionnant, nous nous étonnions déjà la veille du nombre incroyable de français dans la région. Barnabé, de son petit nom, est âgé de 19 ans. Il voyage avec deux copines, mais ils doivent souvent se séparer, car peu de voitures peuvent emmener 3 personnes à la fois. Nous retrouvons donc ses deux amies 40 km plus loin, en ville! Ni une, ni deux, nous avons tous la même destination et nous voilà à 5 dans le van :)


Les deux filles s'appellent Maëva et Clémence (22 et 20 ans). Les trois nous racontent alors un peu leur aventure australienne, plutôt impressionnante.

Les filles sont là depuis quelques mois déjà, et ont passé un gros moment à Melbourne. Grâce à l'argent gagné sur place, elles ont acheté une voiture avec l'aide de Barnabé, peu après l'arrivée de ce dernier, en janvier. Deux jours après le début de leur road trip, accident! Plus de peur que de mal, aucun blessé, mais la voiture est fichue, et le dépanneur leur prend 800 dollars pour remorquer le reste de taule. Dur! Pas découragé pour autant, les trois se décident à continuer l'aventure, en stop, en lift, bref, comme ils le peuvent.


Nous nous attachons vite à ces trois aventuriers, très complices entre eux, et assez complémentaires. Barnabé est un grand rêveur qui semble ne jamais s'inquiéter de rien. Clémence est une jeune aventurière qui semble porter le poids de l'accident sur ses seules épaules. Elle est un peu fauchée et dois vite trouver un boulot. Sa situation combinée à tous les récents évènements vécus l'ont manifestement chamboulée, mais elle continue avec le sourire et l'envie de vivre la grande aventure.

Enfin, Maëva, l'ainée des trois est une grande blonde scénariste, un peu anticonformiste, qui apprécie sans le cacher cette aventure un peu anarchique. Car si Marika et moi sommes des “aventuriers”, eux, dorment où ils le peuvent, mangent ce qu'ils peuvent, et voyagent comme ils le peuvent! Une situation forcément excitante mais pas facile à assumer, surtout à 20 ans, quand d'autres plus âgés auraient lâché le morceau il y a bien longtemps! Donc respect les amis!


Bref, nous décidons de leur filer un coup de main, en les conduisant jusqu'à Perth au plus vite, car Clémence doit rapidement y trouver du travail. Nous passons la nuit dans une ville banlieue de Perth, dans un caravan park assez haut de gamme, où nous faisons rentrer en douce nos trois nouveaux compagnons. La soirée a été franchement sympa, les trois étaient contents de profiter de ce confort, et nous avons pu discuter de tout et de rien, confrontant nos aventures Australiennes.


Coup du sort, nous avons deux voisins suisses qui quittent l'Australie pour rentrer au bercail après deux ans de trip. Et encore une fois, ils nous proposent de récupérer une partie de leur matos. Un peu déboussolés par tant de chance, nous décidons de n'embarquer que quelques babioles, histoire de ne pas prendre des choses dont nous ne nous servirons pas.


Le lendemain nous repartons donc vers Perth tous ensemble, dans l'espoir de pouvoir encore trouver un Caravan Park où loger discretos nos compagnons. Nous devons aussi aider Clémence à trouver du travail! Car nous avons le bénéfice d'avoir internet, et ça, c'est plutôt pas mal!


Après une journée détente et recherche de boulot, nous passons la soirée dans Perth. Le lendemain matin, un employé du Caravan Park vient nous dire que les gens doivent payer pour dormir. Nous bafouillons quelques trucs pour justifier qu'ils n'ont pas dormi ici, mais qu'ils sont arrivés tôt le matin. Apparemment, ça a fonctionné, mais nous ne nous risquerons pas à un deuxième essai.


Nous laissons donc nos amis en centre ville, et nous décidons de nous occuper du van, qui fait encore quelques siennes.


Nous ciblons enfin ce qui ne va pas, et le van est maintenant en super forme No worries mates !!

Perth est une ville assez bourgeoise où il a l'air d'être facile de se laisser prendre par le rythme de vie décontract et la météo toujours favorable (Perth est une des villes les plus ensoleillées du monde!). Mais il est vrai que nous n'avons pas vraiment prit le temps de nous y balader. Le temps presse, Romain arrive dans deux semaines et il faut encore se farcir les 3/4 de l’État. État qui je le rappelle englobe à lui tout seul le tiers de l'Australie !! Donc beaucoup beaucoup de route en perspective !


Nous quittons nos nouveaux amis après deux soirées à discuter et rire une dernière fois ensemble.

 

P1090583.JPG     P1090588.JPG     P1090592.JPG    P1090599.JPG      P1090601.JPG


Note: 4/5 - 1 vote(s).
Imprimer ce message
Syndication :
Par Nona
le 03/04/2012 à 12:37:29
Ben c'est trop coule!!
Moi je veux bien le van à la fin de ton aventure hein, si vous en voulez plus^^
Des Becs!
Par Marika et Mehdi
le 04/04/2012 à 11:08:39
T'aura pas le van, t'as mit 4/5 à l'article !!!
Par Nona
le 04/04/2012 à 12:39:36
Mais j'ai jamais noté d'article moi! C'est quoi cette histoire de note!!! Que quelqu'un se dénonce!
(mais maintenant que je sais qu'on peut noter tu va voir!!!)
Par maman mehdi
le 05/04/2012 à 13:18:42
c'est toujours avec grand plaisir que le vous lis,suis impatience de lire la suite avec Romain cette fois là et à Darwin!

Laisser un commentaire

Copyright © Marika et Mehdi Tous droits réservés. Theme by Laptop Geek adapté pour Kikooboo.