Esperance et Cape le Grand National Park

05/03/2012 - Pays : Australie - Imprimer ce message

 

Comme vous le savez, ce voyage n'a pas été de tout repos, surtout pour notre van qui arrive à l'ouest avec quelques signes apparents de faiblesses. Un pneu crevé, deux autres trop usés pour continuer la route, des injecteurs et des joints qui ont mauvaise mine... Bref! C'est les vacances, nous nous préoccuperons de ça plus tard.


Nous voici donc arrivé à Espérance, ville côtière dont les guides et les gens ne nous ont dit que du bien. Nous bookons donc un Caravan Park près du centre ville pour quelques jours, pensant que c'est ce qu'il nous faudrait pour visiter et régler nos soucis mécaniques. Malheureusement, le temps en aura décidé autrement! Pas vraiment de soleil en 4 jours, juste de quoi rester au caravan park se reposer, et de temps en temps en centre ville se balader et faire des emplettes. Un peu de glandouille, on a pas craché dessus! Seul bémol, l'ouest est connu pour abriter les “March flies”, sorte de taons très présents au mois de... (je vous laisse deviner), et qui sont une vraie plaie. Impossible de s'en défaire, vous avez beau les chasser, ils viennent toujours se reposer sournoisement autre part dans la seconde qui suit. Ces bêtes se nourrissent de sang, et leur piqure est aussi douloureuse que celle d'une guêpe! Et il y en a... beaucoup.


Mais nous ne nous laissons pas faire, l'Australie étant ce pays infesté de mouches, le peuple a inventé toutes sortes de défenses contre les insectes. Et au sommet de ces défenses, vous avez l'arme ultime: La raquette de tennis électrique! Cet objet absolument incroyable vous permet de smasher les insectes qui vous dérangent. Chacun d'eux qui se prend dans les filets électriques produit un “pop” et un éclair lumineux absolument jouissif, preuve que vous venez d'accomplir votre vengeance.


Après quelques tours en ville, nous commençons à nous demander où sont toutes ces belles choses dont les gens parlent lorsqu'ils évoquent Espérance. Il y a bien cette route à l'ouest, nommée la “Great Ocean Drive”, qui semble être l'attraction de la région... Très bien, nous profitons de notre dernier jour et du retour du soleil pour emprunter cette petite route qui forme une boucle le long de la côte, pour un maximum de 80 kms.


Et bien et bien, chers amis... C'est le souffle coupé que nous avons découvert ce qui donne aux plages d'Espérance la réputation d'être parmi les plus belles du pays, voir du monde. La route n'est en fait qu'une suite de plage toutes plus éblouissantes et colorées que les précédentes. Un vrai festin visuel, que les photos sauront – on l'espère – retranscrire. Qui plus est, l'ouest du pays est exactement comme on nous l'avait décrit, c'est à dire plus ou moins désert. Ces plages incroyables ont donc en plus le mérite d'être quasi déserte.

 

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Nous décidons de passer la nuit sur une falaise de laquelle on peut voir et accéder aux plages alentours. Alors, même si nous sommes souvent stressés par le fait de dormir dans un véhicule confiné, de devoir toujours se prendre la tête pour ranger et trouver les choses, dormir comme ça, sous les étoiles, dans ce genre d'endroit, bercé par le bruit des vagues... ça n'a pas vraiment de prix.


Le lendemain, après un petit déjeuner magique face à la mer, nous allons acheter de bonne heure du matériel de Snorkelling pour Marika (masque, tuba, palmes). De retour à Espérance le temps de ces emplettes, nous décidons de partir pour Cape le Grand, un parc national assez réputé, à 60 kms à l'est, où il semblerait qu'il soit possible de dormir pour pas trop cher. A peine arrivés qu'une grosse pancarte nous informe que tous les campings du parc sont complets. Erf! Pour autant, nous décidons de demander à l’hôtesse à l'entrée du parc le prix d'une entrée pour une journée. Elle nous informe qu'il y aurait peut-être de la place pour la nuit!


Nous traversons donc le parc pour atterrir à l'aire de camping, gérée par un couple de deux volontaires. Effectivement, il y a bien une petite place pour nous, maiiiis... il nous manque 7 dollars, et ils ne prennent pas la carte! La banque de retrait la plus proche est à... 60 kms. Après moult discussions, Marika arrive à négocier et comble les 7 dollars avec un billet... de 5 euros.


A peine installé que nous reprenons le van pour aller à la plage de “Lucky bay”, la célèbre plage du parc national. (Le parc est très grand, et pour le voir en entier, il faut se déplacer en véhicule).


Nous qui pensions avoir vu les plus belles plages possibles la veille, voilà que nous tombons sur un rivage encore plus incroyable. L'eau était tellement bleue que nous nous sommes demandés si nous avions déjà vu du bleu auparavant. Luxe parmi les luxe: le sable est condensé par l'humidité et nous permet de rouler sur la plage même, sans forcément la nécessité d'un 4x4. Qui plus est, quelques kangourous amicaux se baladent sur la plage, et autour du camping.

 

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Après quelques séances de snorkelling dans une eau d'une pureté cristalline, nous voilà en train de prendre le soleil sur la très confortable chaise longue donnée par les Californiens à Sydney.


Oh et puisqu'on y est, et que le van est là, autant se faire un thé et manger des biscuits au chocolat! Pour moi, ce sera une boisson fraiche, car rappelons le, il y a un frigo dans le van maintenant.

 

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Bref, vous l'aurez compris, difficile de faire plus... reposant. Cet après-midi ressemblait franchement à ce qu'on pourrait qualifier de vacances paradisiaques.


Alors que le soleil se couche, offrant à toute la baie des teintes orangées du plus bel effet, nous savourons notre traditionnel repas: Des sachets de pâtes et de riz déshydratés qui, en 5 minutes dans l'eau bouillante, deviennent des plats tout à fait appréciables. Nous en profitons pour programmer la journée du lendemain, car à défaut d'argent et de temps, nous ne pourrons rester une nuit de plus ici. Il va falloir visiter le parc en une journée, ce qui s'annonce déjà une grosse aventure!


Réveil à l'aube par un soleil sans pitié, qui chauffe la taule comme le feu chauffe la casserole, nous voilà près à décoller, chaussures aux pieds. Quatre sentiers de randonnées s'ouvrent aux voyageurs aventureux, et en bon marcheurs, nous choisissons de trouver le plus facile!


C'était sans compter le fait de ne pas l'avoir trouvé. Pas découragé pour autant, nous improvisons notre propre chemin à travers les falaises et les grands blocs de pierre qui longent la côte, au delà de la plage. Plus difficile que prévu, après quelques longues minutes de marche nous atteignons un magnifique point de vue reculé que peu de gens ont du atteindre. Nous y restons une bonne heure à profiter de la tranquillité et nous imaginons faire un genre de feu de camps au couché du soleil avec Romain quand il nous rejoindra, dans ce genre d'endroit!

 

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Après un court déjeuner au bord de la plage, nous partons en direction du Frenchman's peak, un petit mont (assez imposant tout de même) un peu plus dans les terres, toujours dans le parc national. Armés de nos jambes musclées, nous le gravissons en une heure. La récompense est pour le moins appréciable, une vue panoramique sur l'ensemble du parc, mais attention à ne pas avoir le vertige!

 

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De retour sur Esperance avant d'entamer le voyage vers l'ouest, nous repassons de nouveau la nuit au bord de la falaise sur laquelle nous avons dormi il y a deux nuits de cela. Le lendemain, il nous faudra rejoindre Albany, à 500 kms à l'ouest, toujours sur la côte. L'occasion de voir si le moteur du van est toujours fatigué.

Réveil à l'aube, toujours enchantés par les quelques jours que nous venons de vivre. Mais la balance finit toujours pas pencher de l'autre côté, et cette journée allait être plus ou moins mouvementé!


Alors que nous sommes au milieu de la route, qu'il fait une chaleur à mourir et que le van démontre qu'il va nécessiter une sérieuse visite chez le garagiste, voilà que Marika me presse de m'arrêter immédiatement sur le côté de la route, d'un air qui veut dire que quelque chose de grave est en train d'arriver. Stressé et un peu paniqué, je freine et me range en urgence sur le côté. Marika me presse de sortir de la voiture, elle semble paniquée. Mais que se passe t-il?! La réponse est simple, pendant que nous conduisions, une énorme araignée poilue (taille d'une grosse paume de main) était simplement sortie de la bouche d'aération du tableau de bord. Comme ça, comme dans un film d'horreur.


Nous voilà coincé au milieu de nul part, sous un soleil de plomb, dans un espace à peine assez grand sur le côté de la route... complètement stressés!


Que faire? L'araignée s'est de nouveau enfoncée dans les aérations de la clim, impossible de l'atteindre ou même de la voir. Tandis que Marika peine à faire descendre son angoisse, et après quelques minutes de réflexion, je décide d'agir intelligemment en tapant comme un barbare sur le tableau de bord avec la bouteille d'insecticide pour faire sortir l'araignée de son trou. Le tout en criant comme une jeune fille tombée de son tricycle un jour d'été. Plan efficace, l'araignée finit par pointer le bout de son nez. Un peu ébahit par la taille de la bête, je décide de la bourriner d'insecticide et de lui taper un bon coup sur le bec avec la bouteille. Chose faite, la voilà apparemment morte sur le tableau de bord, baignant dans l'insecticide. Durant tout le meurtre, Marika s'est mise à pleurer, pour cette pauvre bête, et par soulagement aussi. Il faut dire qu'on DORT dans ce van, donc vous comprenez...


Je vais donc la prendre dans mes bras pour la rassurer. De retour devant le tableau de bord, je me rends compte que... l'araignée a disparu.


Les enseignements de notre ami Mao se mettent alors à résonner dans notre esprit: “Ici, les araignées font parfois semblant d'être morte pour qu'on leur foute la paix”.


Partagé entre la haine d'avoir laissé la bête filer et le stress de devoir repartir en chasse, nous nous demandons combien de temps le bain d'insecticide mettra pour tuer le monstre. Après une heure et quelque à la chercher, impossible d'en voir une trace. Nous supposons alors sa mort probable, car les insecticides d'ici sont puissants, et elle n'a pu y survivre plus de quelques secondes. Mais voilà, nous sommes forcés de reprendre la route sans avoir la PREUVE que ce monstre est MORT.


Cela fait maintenant presque 4 jours, et aucun signe de cette terreur qui est évidemment décédée ou s'est enfuie depuis des lustres, mais bon, sacré frayeur.


Sur le reste de la route, tandis que le van continue de souffrir, nous affrontons alors des nuées de sauterelles sautant et volant par vagues au milieu de la route. Notre part-brise résonne de multiples impacts. Ce n'est qu'après une difficile journée que nous arrivons à Albany entier, l'avant de notre van complètement recouvert de sang et de cadavres de sauterelles. Un Mac do et un Car Wash plus tard, tout est plus ou moins oublié, et nous fermons l’½il à moitié, en espérant ne rien voir surgir pendant la nuit.


Depuis, un tour chez un mécanicien et un électricien nous aura appris que le moteur a besoin d'un bon 500$ de réparations, que notre seconde batterie est morte (250$). Coup dur, surtout après les 300$ de pneus que nous avons dépensé à Esperance! Mais au moins, tout est réglé, et nous n'aurons vraisemblablement plus de soucis pour rejoindre Darwin et vivre un mois de fou en Avril.


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Par Nawaz
le 08/03/2012 à 11:38:01
je reste sans voix, quand je vois une telle nature
Par romain le chongi
le 08/03/2012 à 19:20:38
"je décide d'agir intelligemment en tapant comme un barbare sur le tableau de bord avec la bouteille d'insecticide pour faire sortir l'araignée de son trou." aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah des barres la fin de l'article!!! Franchement j'aurai réagis de la même manière voire pire...XD

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