Parilla! (partie travail)

15/01/2012 - Pays : Australie - Imprimer ce message

 

Premièrement, désolé de n'avoir donné de nouvelles plus tôt chers lecteurs, et dieu sait que vous êtes plusieurs milliers à nous suivre!

Trève de plaisanteries, cela fait maintenant plusieurs semaines que nous avons quitté la grande Sydney pour nous diriger vers le South Australia. Grâce à notre ami Anantha, qui nous a déniché un plan fruitpicking pour quatre, nous voilà déjà sur la route du travail.

Après 1450 kilomètres en deux jours pour faire Sydney - Adelaide, nous récupérons Anantha et Ophélie à l'aéroport, car eux ont fait le voyage en avion. Les voici donc à l'arrière du van direction Parilla, un petit village du South Australia où nous travaillerons durant les semaines à venir. Comment ça vous ne connaissez pas Parilla?

C'est pourtant une ville célèbre de... 25 habitants (au plus)!


Et pourtant, ce village paumé au milieu du désert possède un backpacker... En vérité, le village est au centre d'un réseau de fermes très grandes, qui emploient un bon nombre de personnes, locaux ou étrangers venus chercher du travail. La ville est donc plus fonctionnelle qu'autre chose, tous les habitants travaillent de près ou de loin avec les fermes avoisinantes.

Nous voilà donc sur la route entre Adelaide et Parilla, nous sommes un jeudi, et nous pensions alors travailler à partir du lundi suivant. Au milieu de la route, nous nous arrêtons à un mac do. Il est 15h et Anantha reçoit un appel de notre futur boss:

"Vous pouvez venir bosser aujourd'hui?"


Nous arrivons à Parilla à 17h. Pas le temps de poser nos affaires, nous allons directement à la ferme, qui est plutôt une grande usine à récolte de patates, oignons et carottes. A peine arrivés, le boss nous fait monter dans un 4x4, nous emmène au beau milieu d'un champ, nous fait monter à l'arrière d'un énorme récolteur (dans une sorte de petit espace tracté à l'arrière), et... c'est tout!


Pas de consignes, le tracteur se met à avancer. Devant nous, un tapis roulant, où des centaines d'oignons se mettent rapidement à défiler. Nous sommes 4, deux de chaque côté du tapis, complètement éberlués par la situation. Forcément, nous commençons à rire de cette situation inattendue! Les agriculteurs ne se prennent pas la tête avec les bases, nous finiront par le comprendre.


Nous comprenons que notre rôle est de trier les oignons en retirant les pourris, les rouges, les blancs, les cailloux... A peine le job compris que les oignons commencent à nous brûler les yeux. Les rires font place aux larmes et à la difficulté d'écarter les paupières d'un seul millimètre!

Quatre heures plus tard, nous voilà sortis du "Harvester" ou “Digger” (nom du récolteur dans lequel nous travaillons).


Depuis, nous avons été transférés des oignons aux patates, mais le travail est le même, il faut trier, trier... trier. Depuis début décembre, les journées de travail se sont faites de plus en plus longues, si bien que nous travaillons maintenant entre 8 et 14h par jour. Pause dej' de 10 minutes ou parfois pas..., juste des milliers de patates qui défilent à longueur de temps. Les dos souffrent, les nuits sont courtes, mais la vie est belle.


De débuts hésitants, nous voilà aujourd'hui fermiers qualifiés. Nos collègues n'hésitent pas à nous entrainer à conduire leurs véhicules, et à nous confier des tâches diverses, de sorte que nous participions au bon déroulement de la récolte. Ici, pas de prise de tête pour des broutilles ou des questions de formalités administratives. Il faut savoir prendre des initiatives et faire des choses inattendues. Les carquants du monde du travail que nous connaissons n'existent pas ici, et s'il faut que l'un de nous conduise un tracteur à travers des chemins boueux parce que le conducteur a disparu, alors il faut s'y coller!


En vérité, nous travaillons à récolter les patates, à les trier, et à s'assurer du bon transfert des stocks fraichement récoltés aux camions venus chercher leur commande. La longueur de nos journée dépend donc du nombre de commandes, et donc de camions à remplir!


Pour que vous ayez une petite idée de ce à quoi ressemble l'une de nos journées, voici un petit résumé.


  • Levé 5h45, petit déjeuner costaud histoire de tenir durant la longue matinée qui nous attend.


  • Départ à 6h45, le champ où nous bossons n'est pas très loin de l'auberge (heureusement).


  • Arrivée 7h, début du travail, il fait le plus souvent froid le matin, et deux pulls ne sont pas de trop! Le rendez-vous est fixé tous les jours au milieu des champs, dans la zone où se trouve la grande machine qui envoie les patates des remorques de nos tracteurs jusqu'aux camions. (Nous l’appellerons le Grader! (prononcez greydeur)).

Nous y retrouvons John, celui qui dirige les opérations, Aiden celui qui conduit le tracteur et assiste John, ainsi que deux irlandais qui conduisent les tracteurs, et deux mecs de la ferme qui conduisent les récolteuses.


  • Nous montons alors tous les 4 dans une de ces récolteuse ou “harvester”, machine roulante qui récolte automatiquement les patates et oignons du champs sur lequel elle roule. A l'arrière se trouve une petite cabine, c'est là où nous nous trouvons. Un tapis roulant défile, et nous devons y retirer les patates pourries / coupées / vertes, les plantes et autres cailloux. Pas moyen de s'asseoir, penchés toute la journée, à force c'est assez fatiguant!

Parfois cela arrive de tomber sur des choses très étranges sur le tapis ou défile la récolte que nous trions : bouteilles, canettes, os, squelette de lézard, crâne de kangourou, patte quasi entière et pleine de poils de kangoo et même moitiés de lapins ou bouts de fourrures sont au rendez-vous. Miam !

Cette grosse récolteuse mobile déverse alors les patates triées dans la remorque d'un gros tracteur qui roule juste à côté à vitesse égale. Ainsi, une fois la remorque pleine, le conducteur la ramène au grader, et en prends une vide pour aller la remplir.

  • 8h, une voiture vient me chercher (Mehdi), pour me conduire au grader où je vais aider au déroulement des opérations


  • Le premier camion arrive en général à 9h. Tandis que les trois autres continuent à trier pour remplir les stocks, je m'occupe du travail au grader. On déverse alors les patates des remorques à un autre tapis roulant, où un second tri est opéré. Une fois ce tri fait, un long “tunnel” montant vient déverser directement les patates dans les remorques des camions.

  • Et tout cela s'enchaîne toute la journée, sans pause! Un camion à double remorque prend 2h10 à remplir, et un petit 1h10! Petite pause dej entre deux camions si on a le temps, sinon on mange en travaillant.


  • Le taf se termine en général aux alentours de 19h. Sales, fatigués par le soleil et l'effort physique, nous sommes de retour à la maison 15 minutes plus tard. Il ne nous reste plus qu'à manger, se laver, et ne pas trop tarder à dormir car le sommeil est précieux si l'on veut tenir le coup le lendemain.


Et oui, cela paraît peut-être difficile, mais nous ne nous plaignons pas. Après tout, ce n'est que le temps de quelques semaines, et l'expérience est enrichissante. Certes, le fait de manquer de temps pour parler à nos amis ou juste pour se détendre peut être quelquefois ennuyeux, mais rien de grave. Bientôt, nous repartirons sur la route, et ça, ça n'a pas de prix.


Voilà pour la partie travail! D'ici quelques jours, je filmerai toutes les étapes de nos journées de travail car il reste plein de choses à expliquer!


Très vite, l'article sur la partie fun de Parilla, quand on a (un peu) de temps libre!






 

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Par papa med
le 15/01/2012 à 13:29:54
Enfin des nouvelles.Je ne sais pas de quoi est composé le repas du soir .Je suppose que vous devez éviter les patates.Vous me direz: c'est pas tes oignons! Effectivement.
Le travail que vous effectuez en ce moment, vous prépare à devenir de grosses légumes plus tard!Lol!
Par Nona
le 15/01/2012 à 21:37:55
Romain va m'en vouloir...je commente avant lui!
Mais comme d'habitude tu profite de tes expériences sans râler et sans exprimer toutes les difficultés alors que tout le monde sent bien à cette lecture que c'est pas le club med!
Je vous fais plein de bisous à vous deux mes M&M's préférés!
Kiss love peace!
Par Ananth
le 16/01/2012 à 09:11:45
Il pourrait y avoir de quoi se plaindre...avec l'exigence des conditions de travail qu'on a en France, on serait déjà en grève! Mais ici, on transpire, on se forge, surtout le mental!! Les 35h maintenant c'est le monde merveilleurx de Disneyland!! Et les rencontres que l'on fait sont tellement interessantes que ça en vaut la peine. Pas de place pour les gens aigris ici, tout le monde se donne les moyens pour vivre et profiter après :) That's australia!!
Par Yann Lo
le 16/01/2012 à 17:18:25
Ahah c'est qui le paysan maintenant ?
Puis je avoir l'adresse ou envoyer ma célèbre chemise verte ?
Allez biz à vous deux , content d'avoir des nouvelles du front !! Courage...
Par Chach
le 18/01/2012 à 11:28:13
Purée...

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